Mieux comprendre son assainissement

LES DIFFERENTS SYSTEMES D’ASSAINISSEMENT NON COLLECTIF AUTORISES PAR LA REGLEMENTATION ACTUELLE.
 
La Loi sur l’eau de 1992, et plus particulièrement l’arrêté du 6 mai 1996, ont permis de poser un cadre technique pour la réalisation des systèmes d’assainissement non collectif. Ce cadre a été défini dans le but d’améliorer la qualité de traitement des eaux usées, qui, rejetées dans la nature sans dépollution efficace, posent de sérieux problèmes environnementaux et de santé publique (pollution directe des nappes phréatiques, des cours d’eau, dégradation des fossés…). Cette règlementation est en constante évolution afin de coller au mieux à la réalité du terrain. C’est pourquoi d’autres arrêtés sont venus compléter le premier : celui du 7 septembre 2009 et plus récemment celui du 7 mars 2012.
Pour obtenir une qualité de traitement efficace, un assainissement non collectif doit être constitué des éléments suivants : un prétraitementun traitement et si besoin, d’un exutoire pour pouvoir évacuer les eaux traitées.
Le prétraitement est dans la plus grande majorité des cas une fosse toutes eaux. Elle va permettre d’éliminer environ 40% de la pollution. Sous l’action des bactéries, les matières lourdes vont décanter dans le fond de la fosse et les matières graisseuses font flotter et former une croute à la surface. La phase liquide entre les deux va être évacuée vers le traitement.

Le choix du traitement va être déterminé par la nature du sol, la place disponible et la taille de l’habitation. En effet, pour réaliser une dépollution efficace, les eaux usées vont être filtrées soit directement par le sol si celui-ci le permet, soit par un lit filtrant artificiel quand le sol en place n’est pas apte à l’épuration.

Il existe 4 grands types de traitement :

Lorsque la perméabilité du sol est bonne, la mise en œuvre de tranchées d'épandage à faible profondeur est possible. Le sol en place est utilisé comme système d’épuration et d’infiltration : les bactéries présentes naturellement dans le sol vont pouvoir capter les matières en suspension de l’eau et ainsi la débarrasser de toutes matières polluantes, lui permettant de regagner la nappe phréatique sans aucun danger. Dans le cas des sols à dominante sableuse où la réalisation des tranchées d'épandage est difficile, l'épandage souterrain est réalisé dans une fouille unique (=lit d'épandage).





Lorsque la perméabilité du sol est faible ou trop importante, un sol artificiel est recréé afin d'obtenir une perméabilité correcte, on parle de filtre à sable vertical. Il existe 2 types de filtre à sable, le drainé ou le non drainé.

Le filtre à sable vertical non drainé est mis en place lorsque le sol en place est trop perméable (ex : craie ou roche fissurée qui laisse passer l’eau trop vite pour que les bactéries présentes aient le temps de capter la pollution). Du sable à silex lavé et des galets se substituant au sol naturel sont utilisés comme système d’épuration et le sol en place est utilisé comme système d'infiltration. Le fond de fouille du filtre à sable non drainé atteint une roche perméable (ex : craie).





Le filtre à sable vertical drainé est mis en place lorsque le sol en place est imperméable ou trop peu perméable (ex : argile). De la même manière que pour le filtre à sable non drainé, du sable à silex lavé et des galets se substituent au sol naturel pour l’épuration. Comme le sol n’est pas perméable, les eaux traitées sont récoltées au fond du filtre et sont évacuées vers le milieu superficiel (ex : réseau pluvial, fossé ou ruisseau). Si aucune de ces solutions ne sont envisageables, il est possible, par dérogation, d’installer un puits d’infiltration pour permettre l’évacuation en profondeur des eaux traitées.





En cas de zones inondables ou de présence de nappe proche du niveau du sol, le filtre à sable drainé ou non drainé sera installé hors sol. On parle de tertre d’infiltration. Il nécessite une pompe de relevage des eaux prétraitées. 





Si toutes ces solutions, pour des raisons techniques ou autres, ne sont pas envisageables, il existe un certain nombre de systèmes agréés par le ministère de l’écologie et du développement durable. La liste complète est disponible sur le site : http://www.assainissement-non-collectif.developpement-durable.gouv.fr/

Parmi ces filières agréées, on peut distinguer 2 grands types de systèmes :
• Les filtres compacts
• Les microstations
 
Les filtres compacts :

Le principe est le même que pour le filtre à sable mais le sable, utilisé comme matériel filtrant, est remplacé par un autre matériau, qui permet de réduire la surface du filtre. Ceci est possible grâce aux caractéristiques techniques de ces matériaux qui vont présenter une surface d’accroche beaucoup plus importante pour les bactéries que le sable.

Le filtre compact est donc constitué d’une fosse toutes eaux et d’un filtre « compact » remplit de différents matériaux selon les marques (zéolithe, fibres de coco, laine de roche…).

Ceux sont des systèmes drainés étanches. Il faut donc obligatoirement pouvoir évacuer les eaux traitées (fossé, réseau pluvial, ruisseau, puits d’infiltration…). En moyenne, l’emprise au sol est de 10 à 20m² alors qu’il en faut 30 à 40m² pour un filtre à sable vertical. 

 
Type zéolithe Type laine de roche Type fibre de coco


Les microstations :

Il s’agit de mini stations d’épuration, constituées d’une ou plusieurs cuves. Elles nécessitent de l’énergie pour fonctionner. A l’inverse des autres systèmes, les bactéries utilisées dans ce traitement ont besoin d’oxygène pour vivre. Cet oxygène est apporté par un compresseur qui fonctionne à l’électricité.
L’avantage des microstations est l’extrême compacité : certaines se posent sur quelques m². 

 


Mise en garde :

Si les systèmes agréés sont séduisants par leur compacité, leur facilité d’installation, ils peuvent aussi être plus contraignants pour l’entretien (vidange tous les 6 mois pour certaines microstations, renouvellement du matériel filtrant…) et le coût d’installation est souvent plus élevé. Il est donc fortement conseillé de bien se renseigner sur le système avant de le choisir : coût d’investissement par rapport à un système traditionnel, entretien à l’année, entretien sur 15 ans, contrat de maintenance, nuisances éventuelles (bruit, visuel, odeur…), état de l’entreprise…
De plus, il n’existe que peu de retour d’expériences sur le fonctionnement dans le temps de ces systèmes puisqu’ils ne sont autorisés que depuis 2010. Il est donc fortement conseillé pour les microstations de prendre un contrat de maintenance avec le constructeur pour en garantir le bon fonctionnement.

Pour information, la microstation, qui utilise de l’énergie pour son fonctionnement, n’est pas acceptée dans le cadre d’une demande d’un prêt à taux zéro pour la réhabilitation d’un assainissement.  

Sites utileshttp://www.assainissement-non-collectif.developpement-durable.gouv.fr/
                        http://www.eau-artois-picardie.fr/


   



 
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